L'Hindouisme en Inde Imprimer
Écrit par Xavier   
Jeudi, 12 Mai 2011 17:01

HindouismeDe l'Hindouisme, il m'est resté qu'une grande confusion malgré que j'ai visité un bon nombre de temples hindous avec un guide. J'ai voulu en savoir plus en consultant le site Wikipédia, j'ai vite abandonné sous l'avalanche de concepts et de termes mystérieux. Aussi, j'ai écrit cet article que j'espère sera plus accessible pour les profanes dont je fais partie. J'ai pris comme document de base le Larousse "Les Grandes Religions" de Michael D. Coognan.

L'hindouisme compte 900 millions de fidèles en Inde, représentant plus de 80% de la population indienne. En dehors de l'Inde, l'hindouisme est uniquement pratiqué par la diaspora indienne. Une spécificité indienne.

Pas facile de cerner l'hindouisme, il n'y a ni fondateur reconnu, ni prophète commun à l'ensemble des hindous, ni livre sacré faisant l'unanimité. D'ailleurs il faudrait parler de communautés hindous tant qu'il y a de courants religieux distincts et de particularités liées aux castes, à la langue, à l'état ou à la situation locale. L'hindouisme est en même temps une religion, une culture, mais aussi un mode de vie avec ses traditions mêlant sacré et profane.

 

L'origine de l'hindouisme

L'origine de l'hindouisme sous sa première forme remonterait à la civilisation de l'Indus (fleuve situé maintenant au Pakistan) entre -3000 et -1750 avant notre ère. Malgré que cette civilisation possède une écriture, les textes sacrés étaient transmis qu'oralement, cependant on a trouvé certains sceaux en argile avec des personnages présentant des similitudes avec le dieu hindou Shiva.

Puis vers 2000 Avant notre ère avec l'arrivée d'Indo-européens et leur langue l'ancêtre du sanskrit, sont apparus les premiers hymnes sacrés qu'on nomme Veda (en sanskrit "savoir") qui constituent la base de la religion protohindoue fondée sur des sacrifices.

Vers le VIème siècle avant notre ère, ces premiers textes ont fait l'objet de débats philosophiques qui ont été transcrits dans des ouvrages qui sont les Aranyaka et Upanishad. C'est à cette époque d'effervescence intellectuelle que furent créés le bouddhisme et le jaïnisme. Les Upanishad parlent en autre de la délivrance, du cycle des réincarnations et de la notion d'immortalité. Des textes postérieurs la smriti, en particulier la Bhagavad-Gita, insistent sur la façon d'accomplir le dharma (devoir) et font référence aux dieux Krishna et Vishnou alors qu'il est fait mention au concept abstrait de brahman (réalité suprême) dans les Upanishad. La dévotion aux dieux est une des caractéristiques communes aux différentes communautés hindoues.

Malgré l'arrivée Des Moghols musulmans (au XVIème siècle) et des colonisateurs européens chrétiens, l'hindouisme conserve une place prédominante dans la société indienne.

A noter au XVIème siècle, l'apparition du sikhisme sous l'influence de gourous dissidents.

 

Les Dieux et les déesses

Les hindous considèrent les différents dieux et déesses comme égaux, pour la plupart ils ne sont que la manifestation d'un dieu unique. Cependant ils réservent leur dévotion qu'à leur divinité favorite qui peut être purement locale.

Pour faire simple, voici les principaux dieux et déesses :

  • Brahma qui est le créateur du monde, il semblerait qu'il ait perdu de l'influence de nos jours. Ses pouvoirs étant transmis à un autre dieu Vishnou ou Shiva ou Devi ;
  • Shiva reconnaissable à son troisième oeil. Possédant des rôles de puissance paradoxaux, il est à la fois menaçant et bienveillant, créateur et destructeur, danseur exubérant et yogi austère ;
  • Vishnou protecteur de l'univers. Il est représenté sous forme de divers avatars. le plus célèbre est Krishna souvent considéré comme un dieu à part entière ;
  • Shaki l'épouse de Shiva, prend la forme de Parvati la bienfaisante ou Kali déesse de la destruction et de la mort ;
  • Laksmi appelée parfois Sri, l'épouse de Vishnou. Déesse de la prospérité et de la chance, très familière, elle est présente dans de nombreuses maisons et commerces ;
  • Ganesh dieu populaire à tête d'éléphant qu'on évoque avant de se lancer dans un nouveau projet ;
  • Hanuman dieu singe fidèle à Rama (se référer au Ramayana) ;
  • Durga divinité suprême d'une beauté inaccessible, elle se bat pour défendre l'ordre cosmique ;
  • Krishna, le plus humain, représenté entourée de vachères ;
  • Devi, grande déesse de la réalité ultime. C'est aussi un nom générique pour désigner une déesse.

Il serait vain de passer en revue tous les dieux et déesses sachant qu'il en existe plus de 33 millions !

 

Les textes sacrés

Pendant des siècles les textes sacrés étaient transmis oralement, puis transcrits en sanskrit et bien plus tard écrits en langue commune (tamoul, hindi,..) ce qui a favorisé la diffusion de ces textes à toutes les castes.

Vers 800 avant notre ère, les Veda ont été rassemblés dans quatre grands textes incluant des hymnes et des manuels liturgiques. Puis au VI siècles avant notre ère, les ouvrages philosophiques Aranyaka et Upanishad sont écrits.

Par la suite, succède un ensemble d'ouvrages appelé la smriti. Les épopées de la smriti, le Ramayana (Histoire de Rama) et le Mahabharata (Grande Epopée de l'Inde) sont célèbres, ils constituent le noyau de la littérature hindoue.

Le Ramayana, ce grand poème épique narre les aventures du jeune prince Rama, né à Ayodhya, capitale du royaume de Kosala.

Le Mahabharata, la plus vaste épopée de la littérature mondiale, raconte l'histoire de la lutte entre les descendants du Bharata. La Bhagavad-Gita extrait du Mahabharata, est l'un des livres sacrés de l'hindouisme, il débute au moment où va commencer la guerre ente Arjuna et ses cousins et oncles. 

La syllabe Om est prononcée par les hindous et les jaînistes au début et à la fin de toutes les prières. C'est un son sacré, son sens et son pouvoir sont commentés dans les Upanishad.

 

Maîtres et guides spirituels

Pour de nombreux hindous, la première expérience religieuse passe par l'intermédiaire d'un maître, aussi appelé guru (gourou). Le modèle de gourou est pour la plupart des hindous, le dieu Krishna qui joua le rôle de précepteur auprès de son neveu Arjuna (se référer à la Bhagavad-Gita), pour d'autres ce modèle est Shiva.

Outre ces maîtres qui dispensent l'enseignement religieux, il existe des milliers d'ascètes encore appelés sadhus vivants dans le dénuement, faisant voeux de silence pour certains, souvent entourés d'adeptes, ils sont vénérés par tous les hindous. Présents dans de grands rassemblements où ils se badigonnent de cendres.

Par ailleurs, il existe aussi beaucoup de guides charismatiques à la frontière de la religion, mêlant surnaturel, magie et spirituel, attirant de nombreux adeptes. L'un des plus connu est Sai Baba qui vient de mourir.

 

Réincarnations et délivrance

Pour les hindous, l'homme est enfermé dans un cycle continuel de réincarnations, il s'agit d'une situation de souffrance où l'homme est retenu sur terre. Une autre théorie admise est la notion de Karma qui dit que les bonnes et mauvaises actions commises entre les différentes réincarnations sont conservées. La réincarnation dépend donc des actes dans les précédentes vies.

Il existe plusieurs méthodes pour se libérer de ce cycle de réincarnations (moska).

Dans la Bhagavad-Gita, Krishna décrit les trois méthodes de la délivrance  : la voie de l'action, la voie de la connaissance et la voie de la dévotion.

  • La première voie est l'action désintéressée sans crainte du blâme ou ni dans l'espoir d'en tirer un bénéfice quelconque, des louanges ou récompenses.
  • Une autre voie selon laquelle la délivrance intervient au moment où nous parvenons à réaliser notre nature divine. On peut parvenir à cette sagesse par la lecture des textes sacrés, avec l'aide d'un gourou, par la méditation et par le contrôle de son corps et son esprit grâce à des exercices de yoga.
  • La troisième voie est la dévotion totale à un dieu ou une déesse, c'est la voie la plus populaire considérée par la plupart des hindous comme le seul moyen d'atteindre la délivrance.

Par ailleurs, les textes sacrés définissent les 4 étapes dans la vie pour un hindou mâle : l'apprentissage, chef de famille, ermite puis ascète menant à la délivrance.

 

Le sacré

Pour un hindou, l'Inde est une terre sacrée, mais certains lieux revêtent plus d'importance que d'autres. Les hindous se rendent par millions dans les villes saintes, se baignent dans les fleuves sacrés (notamment le Gange) et escaladent les montagnes sacrées pour effacer leurs pêchés, favoriser leur avenir,...

 

En dehors de ces lieux sacrés, la dévotion au temple est l'un des éléments de la vie religieuse hindoue, pas d'heure fixe. On laisse ses chaussures à l'entrée du temple, par ce fait on quitte pensées et passions. La dévotion s'accompagne par une offrande (fruits, fleurs, noix de coco,...) à la divinité. D'autre part, chaque famille hindoue possède un autel dédié avec l'image de leur divinité, où on allume une lampe à huile, on brûle des bâtons d'encens, on fait des offrandes,...

 

Certains animaux revêtent un aspect sacré dans l'Inde entière comme la vache ou plus localement comme les rats dans le temple Karni Mata Mandir au Rajasthan.

 

Les fêtes sacrées

Les fêtes hindoues sont toujours joyeuses et pittoresques (surtout pour nous occidentaux). Outre Les anniversaires de Rama, Krishna et de Ganesh, fêtés dans l'Inde entière, parmi les fêtes importantes :

  • Holi, joyeux festival du printemps célébré dans le nord de l'Inde en l'honneur des vives couleurs des fleurs printanières, les fidèles se lancent de la poudre colorée ;
  • Onam, la fête des moissons célébrée dans l'état méridional du Kerala en août et en septembre en l'honneur de la 5ème incarnation de Vishnou ;
  • Navaratri (les neufs nuits), célébré dans l'Inde entière entre mi-septembre et la mi-octobre. Cette fête est consacrée au culte des déesses Sarasvati, Lakshmi et Durga ;
  • Divapali encore nommée Diwali, célèbrent la victoire des forces du bien sur le mal. Cette fête est probablement la plus suivie, elle a lieu entre mi-octobre et mi-novembre avec illumination des maisons, feux d'artifice, repas de fête et échange de cadeaux, pour l'occasion on porte des habits neufs.
  • Kumbh Mela d'Hardwar, lieu où le Gange pénètre dans les plaines nord de l'Inde est l'un des plus vastes rassemblements humains, cette cérémonie se déroule tous les 12ans avec bains dans le Gange au programme.

Ces fêtes s'accompagnent souvent de danses et de musique qui évoquent des épisodes des textes sacrés.

 

Les castes

C'est dans les Veda qu'apparaît pour la première fois cette notion de classes sociales distinctes dans la société indienne. Chaque hindou est rattaché à une classe sociale (varna qui signifie couleur) et à sa sous-classe (jati ou groupe de naissance). Aujourd'hui, on parle plus communément de système de castes (venant du portugais casta). Il existe 4 castes :

  • Les brahmanes (les prêtes), ceux qui apprennent et enseignent les textes sacrés ;
  • Les kshatriya (les guerriers), ils peuvent apprendre mais pas enseigner les textes sacrés. Ils devaient protéger le peuple et le pays ;
  • Les vaishya, c'est à dire les commerçants, artisans et propriétaires terriens qui peuvent accumuler de grandes richesses. Ils ont le droit d'apprendre les textes sacrés ;
  • Les shudra (les serviteurs) qui doivent servir les autres castes, ils ne peuvent pas acquérir de richesses.

On trouve aussi en dehors de ces 4 castes, les intouchables chargés des tâches considérées comme sales et dégradantes.

La sous-classe jati est liée à un groupe d'individus qui partage le même métier.

Bien que ce système de castes ait été aboli en 1950, il perdure encore dans les faits surtout dans les campagnes. Les mariages inter-castes sont encore peu nombreux.

 

Les sites sacrés hindous

Source : Larousse Les Grandes Religions de Michael D. Coognan

CarteHindouisme_700x857

 

Il aurait beaucoup des choses à écrire sur l'hindouisme, cependant je préfère vous renvoyer à des ouvrages plus complets.

 

Voir aussi :

L'islam en Inde

Le bouddhisme en Inde

Le christianisme en Inde

Retour