Mes sacrées tantes de Bulbul Sharma Imprimer
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Mercredi, 01 Février 2012 00:00

MesSacreesTantes_76x125Présentation de l'éditeur : Après La Colère des aubergines, Bulbul Sharma nous revient avec des histoires pétillantes de drôlerie. Des femmes partent en voyage, et leur vie bascule. Elles partent pour se marier, pour aller voir leur fils, pour échapper au crime qu'elles croient avoir commis ou à une belle-famille tyrannique. Sous leurs regards baissés et leurs saris chatoyants, elles cachent un coeur limpide, un courage à toute épreuve, et elles accueillent les surprises du chemin avec une sagesse relevée au sel de l'humour. Au fil de leurs voyages, défilent les ...

paysages de l'Inde, des rizières vert émeraude aux défilés escarpés de montagne, et les rencontres improbables : danseuses travesties en veuves, raja déchu d un palais surgi des mille et une nuits, fantôme amoureux ou ours chapardeur. Mais au détour de la route, c est leur paysage intérieur qui soudain change : les chaînes qui entravent leurs pas depuis des siècles se font plus légères, et au bout du voyage, parfois, les attend la paix. Ou la liberté. Ou l'amour. Les histoires de Bulbul Sharma nous prennent par la main pour nous emmener sur des chemins détournés, imprégnés des senteurs de l Inde ; elles ont la malice de la fable, la délicatesse de la miniature indienne, la poésie des contes de fées ; et si elles nous font éclater de rire, c'est avant de nous toucher au coeur.

 

Le début de l'histoire "Une trop grande épouse" :

"Que Rupbala, à l’âge de trente-quatre ans, accomplisse un pèlerinage jusqu’à la cité de Badrinath, avait été prévu par les dieux bien avant sa naissance. Tout avait commencé quand les gènes d’un ancêtre amazonien, endormis depuis des centaines d’années, s’étaient soudain réveillés en elle et avaient fait de Rupbala une femme d’un mètre soixante-quinze. Une taille inhabituelle qui n’avait pourtant rien d’extraordinaire, mais qui fit d’elle l’ennemie numéro un de son mari d’un mètre soixante dès l’instant où il posa les yeux sur elle. Ce n'était pas qu’elle fût particulièrement laide ou désagréable à regarder - ce qui aurait peut-être expliqué la haine que lui portait son époux, elle était même plutôt jolie, avec de grands yeux de biche et de longs cheveux brillants qui_lui tombaient dans le dos en cascade. Sa seule faute, considérée comme impardonnable par l’homme en question, était de mesurer quinze bons centimètres de plus que lui. Si elle ne l’avait dépassé que de trois ou quatre centimètres, les choses auraient sans doute été plus simples. Il aurait pu lui dire de ne pas se mettre à côté de lui, de se baisser un peu quand ils marchaient non loin l’un de l'autre, et leur vie commune aurait ainsi pu être différente; Rupbala aurait fait le pèlerinage jusqu’à Badrinath après avoir vécu une vraie vie, à l’âge de soixante-dix ans, peut-être même plus tard. Mais ces quinze centimètres, qui la faisaient dominer son mari, tout en écrasant 1’amour-propre de celui-ci, réduisirent en miettes la vie de Rupbala."

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