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La Vingtième épouse d'Indu Sundaresan PDF Imprimer Envoyer
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Samedi, 05 Mai 2012 23:00

LaVingtiemeEpouse_76x125Présentation de l'éditeur : Intelligence précoce, beauté éclatante, volonté farouche Mehrunnisa, née en 1577, semble marquée par le Ciel pour une vie heureuse. Pourtant, elle a vu le jour sous une tente poussiéreuse et râpée ; chassé de son pays, la Perse, pour des raisons politiques, son père se demande s'il ne devra pas l'abandonner à une autre famille. La chance, l'amour et le courage vont transformer le destin de la fillette. La chance est celle de s'approcher de la cour d'Akbar, le monarque moghol dont le royaume s'étend de Kandahar à Bombay. L'amour, celui qu'elle éprouve à huit ans lorsque, pour la première fois, elle voit

Salim, l'héritier du trône. Le courage, la force qui lui fera braver les intrigues de la cour, les trahisons d'État, les convenances, pour devenir enfin la vingtième épouse du jeune monarque - et la plus chérie. Sur les traces de cette héroïne fascinante, Indu Sundaresan déroule une épopée fastueuse où revit la splendeur de l'empire moghol.

 

Un extrait du livre au moment où l'empereur Jahangir punit son fils Khusrau après sa rebéllion :

"Les rebelles matés, Jahangir annonça son entrée en grande pompe dans Lahore. Ce serait son premier déplacement en Inde Moghole en tant qu’empereur. Quelques jours s’écoulèrent, au cours desquels les habitants eurent le temps d’apprêter leur ville tandis que Jahangir tenait sa cour dans la maison de Mirza Kamran et se promena longuement dans les jardins. Il cherchait toujours une punition appropriée pour les partisans de Khusrau. Il avait pardonné une fois à Abdur Rahim, pour fêter l'avènement de son accession au trône, rien ne l’obligeait à recommencer. Si le lchan-i-ldranan était mort aussi vite qu’Hasan Beg, sa disparition eût servi de leçon à tous ; mais il avait survécu et, en bonne logique, Jahangir était tenu de lui pardonner à nouveau. Cependant, l’ancien commandant en chef venait de subir une telle humiliation qu’il n’était sans doute pas près de relever la tête. Jahangir devait encore décider ce qu’il ferait du reste de la prétendue armée de son fils. L’empereur se couchait dans son lit à baldaquin lorsque l’idée lui vint. Le lendemain matin, en s’éveillant, il lit mander Mahabat Khan.
- Combien de soldats de Khusrau avons-nous capturés ?
- Environ six cents, Votre Majesté.
- J’ai trouvé quel châtiment leur infliger. Ils doivent mourir.
- Ce sera fait, Votre Majesté.
- Fort bien. Mais je veux que leur mort marque les esprits. Que leurs corps soient pendus au vu et au su de tous et que Khusrau constate le résultat de ses entreprises sur ceux qui l’ont soutenu.
Mahabat Khan attendit la suite et, tandis que l’empereur dictait ses volontés, un mince sourire étira
les lèvres du ministre. C’était encore mieux qu’il ne l"avait imaginé. Ni Khusrau ni la postérité n’oublieraient jamais cette punition.
Les jours qui suivirent, une intense activité régna autour des jardins de Mirza Kamran. On abattit de
nombreux arbres et leurs troncs furent taillés en forme de pieux aux pointes effilées.
Arriva le matin prévu pour l’entrée solennelle de Jahangir à Lahore. C’était une ville de première importance, tant administrative que stratégique et, n'étaient les guerres du Dekkan, l’empereur eût aimé y résider car le climat y était plus tempéré qu’à Agra. Le sort, autant que Khusrau, avait voulu qu’il s’y rendît en hâte, mais ses habitants allaient maintenant le découvrir dans toute sa gloire. Il se leva et sentit l'impatience grandir en lui à mesure qu’il était baigné et habillé. Il allait étonner le monde et les générations futures en parleraient longtemps.
Khusrau lui fut amené devant la maison de Mirza Kamran.
- Je suis disposé à oublier ta désobéissance de ces derniers jours et, pour preuve de mon pardon, tu monteras avec moi dans le howdwah.
Le prince tomba à genoux.
- Merci, Votre Majesté.
Délivré de ses chaînes, il fut escorté vers l'éléphant qui portait le howdwah. Jahangir s’installa le premier, puis ce fut le tour de Khusrau. Surpris, le prince vit alors Mahabat Khan grimper à son tour pour venir s’asseoir à ses côtés.
Guidé par son cornac, l’éléphant se leva lentement et, accompagné d’une fanfare de trompettes, le cortège s’ébranla vers Lahore. Alors qu’ils abordaient la route, Jahangir entendit son fils pousser une exclamation d’horreur.
Jusqu’aux portes de la ville, des pieux avaient été plantés à intervalles réguliers le long de la route afin de servir de pal aux soldats qui n’avaient pas eu la chance d’être pendus. Cela devait être récent, car certains se tordaient encore de souffrance. D’autres corps se balançaient aux arbres qui bordaient la voie. Au passage de la procession impériale, ceux qui vivaient encore interpellèrent le prince.
Tremblant comme une feuille, Khusrau se cacha la face entre les mains. Il reconnaissait ces hommes, tous ces soldats qui l’avaient servi. C’était lui qui les avait menés à cette mort atroce.
L’empereur le considérait d’un air sévère. Soudain, il lui leva le visage pour l’obliger à regarder. Observe le sort des scélérats qui t'ont soutenu. C’est ta faute s’ils en sont la aujourd’hui.
Livide, le visage baigné de larmes, Khusrau contempla l’affreux spectacle.
Mahabat Khan se pencha vers lui :
- Votre Altesse, je voudrais vous présenter ces hommes. Voici...
Et le prince d’entendre, horrifié, l’énumération des noms de ses soldats à mesure qu’ils progressaient dans leur macabre périple. Un vent sauvage se leva brusquement, qui vint malmener les corps pendus aux branches et leur lit heurter les troncs.
- Voyez, prince, comme vos braves guerriers se battent contre les arbres ! articula férocement le
ministre.
Le jeune homme ferma de nouveau les yeux et, cette fois, son père le laissa tranquille. La leçon avait porté ses fruits. Le cortège parvint à Lahore et Jahangir fit son entré au fort, un demi-sourire aux lèvres. Jouant les empereurs bienveillants, il jeta des poignées de pièces d’argent au peuple.

Près de lui, Khusrau encore blême et tremblant considérait la foule sans la voir, l’oeil révulsé ; jamais
plus il ne serait le même."

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