Songe du Taj Mahal de Christian Petit Imprimer
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Lundi, 16 Juillet 2012 12:10

SongeduTajMahal_76x125Présentation de l'éditeur : En 1605, Augustin Hiriart, un jeune orfèvre de Bordeaux, a tout juste vingt ans. Un matin, il est enlevé par des soldats : après avoir abjuré le protestantisme, il se retrouve à Paris où Henri IV lui confie la fabrication d'un bijou somptueux destiné au roi d'Angleterre avant de l'envoyer à Londres, en pleine Conspiration des poudres. Hélas, la mission échoue. Craignant pour sa vie, Augustin s'embarque pour les Indes où, après bien des aventures, il échoue à la Cour de l'empereur moghol. Devenu un personnage influent, Augustin construit pour Jahangir un trône fabuleux, des machines...

de guerre... A la mort de son épouse, le monarque fait édifier pour elle un immense mausolée, le Taj Mahal... Augustin a-t-il joué un rôle dans la conception de ce chef-d'œuvre ? Pour le trois cent cinquantième anniversaire du Taj Mahal, Christian Petit a imaginé ce roman d'amour et d'aventures, d'après les lettres d'un joaillier français du XVIIe siècle, dont le nom fut associé à la construction d'un des plus célèbres monuments du monde.

 

Un extrait du livre :

"Cinq années s’étaient écoulées depuis la soumission du prince Khurram à Jahangir, son père, ou plus précisément à Nur Jahan, l’impératrice, qui, de facto, exerçait les pleins pouvoirs à l’ombre de sa clôture. En cette fin de mousson 1631, Austin examinait ses pierres dans son atelier de Burhanpur. Il réfléchissait au montage d’un collier que le nouvel empereur, Shah Jahan, lui avait commandé pour honorer son épouse bien-aimée, Mumtaz Mahal, grosse pour la quatorzième fois. ll se remémora alors les événements tragiques de l’époque qui avait suivi son mariage. Le décès de son enfant l’avait abasourdi, mais il avait tenté de dissimuler l’étendue de son chagrin afin de ne pas trop heurter Sanjana, sa jeune épouse. Savitri, en revanche, avait manifesté très ouvertement son chagrin face à la perte de Sarasvati, sa filleule. Elle vivait auprès du couple, et partageait encore les nuits de son maître quand Sanjana était retenue auprès de Mumtaz.

- Je suis fière d’appartenir à présent à la maison d’une princesse, répétait-elle sans cesse à Austin. Bientôt, elle vous donnera un fils.

Un nouvel émoi vint secouer Burhanpur : la mort de celui qui était censé « garder » Khurram au Deccan, son frère Parviz. Ses excès d’alcool eurent raison de lui. Il ne restait plus à présent que le prince Shahriyar comme prétendant au trône impérial, ce demi-frère, indolent, marié à Ladli, la fille de Nur Jahan. Le dernier obstacle.

Jahangir mourut un an plus tard. Il avait déplacé sa cour au Cachemire, dans l’espoir d’y guérir l’asthme qui le terrassait. Sur la route du retour, il décida de s’arrêter à Bairamkala pour s’adonner à l’un de ses sports favoris : la chasse. Du haut de son éléphant, il épaula son arquebuse, visa et parvint à toucher un cerf à la patte. Mais l’animal n’était que blessé : il détala en claudiquant dans le sous-bois. Un de ses soldats partit à sa poursuite, trébucha sur une pierre et chuta du haut d’une falaise. Jahangir fut très affecté par 1’accident de ce garçon. Il voyait là un signe prémonitoire de sa propre fin. Le cortège impérial reprit sa descente vers Lahore, mais, bouleversé par cette tragédie, Jahangir ne pouvait plus trouver ni repos ni réconfort. Il n’arrivait même plus à avaler une gorgée de vin. Ce tourment, ajouté à l’air corrompu de la plaine, eut raison de ses dernières forces. Arrivé à Chinghiz Hatli le 7 novembre 1627, il rendit l’âme. Il avait cinquante-huit ans et avait régné sur l’lnde durant vingt-deux ans. Sa dépouille fut ramenée à Lahore où il fut inhumé."

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