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Le Mahâbhârata conté selon la tradition orale PDF Imprimer Envoyer
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Vendredi, 03 Août 2012 23:00

Mahabharata_74x125Par Serge Demetrian.

Présentation de l'éditeur : Le Mahâbhârata, qui est la grande épopée indienne, décrit le combat sans merci que se livrèrent les deux branches des Bharata, les Kaurava et les Pandava, pour le trône de la dynastie lunaire. Les seconds sont aidés par Krishna, incarnation de Vishnu, qui énoncera juste avant l'ultime bataille la Bhagavad Gîta, pierre angulaire de la spiritualité indienne. Dans cette Iliade indienne où les démons affrontent des armes divines,

les thèmes de la vie et de la mort, de la vertu et du destin, de la force et du droit sont traités sous l'angle narratif. Serge Demetrian, qui connaît parfaitement les différentes versions du texte original, a vécu plus de vingt-six ans en Inde. S'inspirant des conteurs traditionnels de l'Inde du Sud, il nous offre une version inédite du Mahâbhârata, qui nous transporte au cœur de l'âme indienne.

 

Un extrait situé avant l'affrontement entre Pândava et Kaurava, le désespoir d'Arjuna :

"Alors que les flèches commencent à siffler de part et d’autre, Arjuna, debout sur son char au-dessus duquel ondoie la fameuse bannière au singe, lève son arc. Je l’entends parler à Krishna :

« O Krishna, conduis mon char entre les deux armées,

Que je voie ces guerriers impatients

Avec lesquels je vais livrer bataille. »

Krishna dirige le char tiré par quatre destriers blancs comme les nuages entre les armées rangées

en lignes de combat. Avec leurs éléphants, leurs chars et leurs chevaux, elles ressemblent à deux bois en fleurs. Chacune est prête à conquérir le ciel. Chacune est conduite par de grands guerriers.

Krishna s’arrête juste face à Bhîshma entouré par Drona et les autres rois du camp des Kaurava, puis il s’adresse au Pândava : « Regarde, Arjuna, tous les Kaurava rassemblés. »

Arjuna dirige partout ses regards et aperçoit dans les deux camps des pères et des grands-pères, des maîtres d’armes, des oncles, des fils et des petits-fils, des amis. Soudain, le spectacle de ces parents et amis qui s’apprêtent à s’entretuer le remplit de pitié et de tristesse. Il se tourne, désespéré, vers Krishna :

« Voilà les miens prêts à se battre... les forces me manquent, ma bouche est sèche, mes cheveux se dressent, la peau me brûle, je tremble, je chancelle. De sinistres présages m’entourent. Quel bien pourra-t-il m’échoir si je viens à égorger mes propres parents, mes maîtres, mes amis ‘? »

Arjuna, accablé de douleur, laisse échapper de ses mains Gândîva, le meilleur arc du monde, qui vaut cent mille arcs de héros réunis; il descend de son char et s’assoit à terre, l’esprit agité, les yeux mouillés de larmes.

Krishna le regarde et s’enquiert :

« D’où te vient cette lâcheté, Arjuna, faiblesse indigne d’un héros ? Éloigne cette défaillance du cœur, ô vainqueur de tes ennemis !

- Krishna, comment diriger mes flèches contre Bhîshma, mon Vénérable Ancêtre, contre Drona,

mon propre maître d’armes, contre ces hommes, tous si dignes d’admiration ? Plutôt vivre d’aumônes qu’exterminer mes précepteurs. Si je devais les abattre, je gagnerais seulement des richesses trempées de sang. Le malheur m’accable. Quelle conduite adopter ? J’ignore la loi de la Vertu et le sens de cette guerre fratricide. Quel est le bien suprême ? Enseigne-moi, Krishna, car j’ai placé ma confiance en toi. »

Arjuna se tait un long moment ; puis il ajoute, désespéré : « Malheur à moi, je ne suis plus à même

de combattre. » Après quoi il reste muet."

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