Taj de Timeri N. Murari Imprimer
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Écrit par Xavier   
Mercredi, 13 Février 2013 21:05

TajMurariPrésentation de l'éditeur : Taj Mahal. Un fabuleux mausolée de marbre blanc bâti pour l'amour d'une femme. Il fut construit en Inde, au XVIIe siècle, par l'empereur Shah Jahan pour recevoir le corps de son épouse bien-aimée. Pendant vingt-deux ans, vingt mille hommes travaillèrent jour et nuit pour satisfaire le désir impérial. Ainsi se dressa pour l'éternité le Taj Mahal, orné d'or, d'argent et de pierres précieuses incrustées dans le marbre. Voici restituée sous nos yeux la vie à la cour des Grands Moghols, celle des fêtes fastueuses, des harems et des jardins, celle de l'impossible et parfait amour qui unit la belle Arjumand à Shah Jahan et...

sut vaincre tous les obstacles. Voici aussi l'incroyable épopée de la construction de ce monument, tout aussi prodigieuse que l'amour qui l'a fait naître. Elle fait revivre les luttes de pouvoir, les conflits religieux, l'opulence des palais ainsi que le fidèle dévouement de ces artisans qui ont tissé l'histoire de la pure beauté du Taj Mahal.

 

Deux extraits du livre :

"SHAH JAHAN

- Vous rêvez, Votre Altesse.

- Les princes ne peuvent-ils pas rêver ?

- Pas sur le champ de bataille. J’aurais pu te tuer trois fois, ici, là et là.

L’épée du général Mahabat Khan toucha ma gorge, mon cœur et mon ventre.

- En temps de guerre, le roi est au centre de tout. S’il est tué, la défaite est inévitable. Quand tu deviendras empereur, souviens-toi du conseil de ton grand-père Akbar: « Un monarque doit toujours être tout entier à ses conquêtes s’il ne veut pas que ses voisins prennent les armes contre lui. »

- Je ne suis pas encore empereur. J ’ai le temps de rêver et j’en ai assez pour aujourd’hui.

Un soldat prit mon bouclier et mon épée. J’étais en sueur et couvert de sable. Le général se balançait en marchant alors que nous nous dirigions vers le hammam. Sa démarche ressemblait à celle d’Akbar avec lequel il avait livré de nombreuses batailles. Il était fort, trapu et balafré.

- Tu penses trop à cette fille, Arjumand.

- Mes rêves soulagent ma triste solitude.

Sans doute les généraux ne rêvent-ils jamais.

- Les princes et les empereurs devraient en faire autant.

Arjumand... J’avais l’impression que mon corps était un palais abandonné, hanté par son esprit. J’étais devenu son royaume et son sujet. Le joug était lourd, étouffant et encastré dans mon cœur comme du métal. Elle seule pouvait me libérer de ma souffrance et de cette existence étrange où la réalité se confondait avec le rêve.

- Que dois-je faire ?

Le général avait été mon tuteur pendant la plus grande partie de ma vie, depuis le moment où j’avais eu la force de soulever une épée. Il m’avait enseigné les arts de l’escrime, de l’équitation, de la lutte et les tactiques du champ de bataille. J ’étais par définition brave de naissance, comme tous mes ancêtres. Il ne pouvait en être autrement.

- Oublie-la, répliqua-t-il durement, criant pour se faire entendre."

 

"ARJUMAND

Au début, ma mère eut pitié de moi. Elle essayait de me réconforter, mais ne comprenait pas vraiment ma douleur. L’amour venait lentement, petit à petit, et non à cause d’un coup de foudre, me disait-elle. S’il rentrait dans votre vie, la chance était avec vous, s’il en était autrement, une existence sans amour vous était promise. Personne ne s’en plaignait. Nous n’étions que des marchandises destinées à être échangées contre la richesse, une position importante ou une alliance

politique. L’amour ne faisait pas partie du marché, ce n’était qu’un conte de fées chanté par les poètes. Comme ma mère, ma grand-mère et toutes les autres femmes de ma famille, je devais épouser l’homme que l’on m’avait choisi. L’amour, l’affection, l’amitié naîtraient lentement. Les années passeraient et je découvrirais alors avec surprise que j’aimais cet homme. Mais qui d’autre pouvais-je aimer ? Personne, bien sûr.

Puis, l’intérêt de ma mère se transforma en impatience. Je savais qu’il en serait ainsi et je ne pouvais l’en blâmer, les années avaient passé et j’avais déjà seize ans à présent.

- Qui t’épousera désormais? Répétait-elle sans cesse. Tu es trop âgée. Quand j’avais ton âge, tu étais déjà née. J’étais une femme bien établie et j'avais...

- Aimais-tu mon père ?

- Cela n’a rien à voir! dit-elle, chagrinée, comme si j’avais parlé de quelque chose d’impensable. Tu lis trop de poésie. Ta tête est remplie de bêtises. Puis elle me parla plus doucement pour me calmer.

- Tu ne l’as vu qu’une fois. Comment peux-tu être sûre de l’aimer après l’avoir vu une fois seulement ?"


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